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Points clés à retenir
- Un trimestre validé = cotisé + assimilé : la durée d’assurance se compose des cotisations et des périodes assimilées (chômage, maladie…). Maximum 4 par an.
- Seuils 2025-2026 gelés : pour valider 1 trimestre en 2026, il faut 1 782 € de revenu annuel brut ; pour 4 trimestres, 7 128 €. Ces seuils restent inchangés en 2026.
- Micro-entrepreneurs : les seuils dépendent de l’activité (vente, prestation, libéral). La cotisation minimale garantit 3 trimestres validés.
- Vérifiez votre relevé de carrière : une simple connexion sur info-retraite.fr peut corriger des erreurs et vous éviter une décote au moment du départ.
En 2026, le seuil pour valider un trimestre de retraite est de 1 782 € par an. Cela signifie que 25 % des salariés à temps partiel pourraient ne pas valider leurs 4 trimestres sans le savoir. De mon expérience d’ancien directeur de maison de retraite, j’ai vu des familles découvrir trop tard que des années incomplètes entraînaient une décote. Parlons-en franchement : comprendre ce qu’est un trimestre validé, comment le calculer et surtout comment l’obtenir, c’est le premier pas vers une retraite sereine. Que vous soyez salarié, indépendant ou micro-entrepreneur, ce guide vous donne toutes les clés pour valider un trimestre retraite en 2026 et au-delà.
Qu’est-ce qu’un trimestre validé et pourquoi est-ce important pour votre retraite ?
Beaucoup de mes interlocuteurs – anciens résidents, familles – confondaient le nombre d’années travaillées avec le nombre de trimestres validés. Pourtant, c’est l’unité de base qui conditionne votre taux plein et évite la décote. Un trimestre validé peut être obtenu de deux façons.
Définition du trimestre cotisé
Le trimestre cotisé est celui que vous gagnez en travaillant et en versant des cotisations sociales. Pour un salarié, c’est simple : ce sont les revenus bruts soumis à cotisation vieillesse. Pour un indépendant, ce sont les cotisations calculées sur votre chiffre d’affaires. L’essentiel à retenir : le seuil de revenu à atteindre pour valider un trimestre est le même pour tous au régime général.
Définition du trimestre assimilé
Les trimestres assimilés sont accordés sans contrepartie de cotisations, pendant certaines périodes de la vie : chômage indemnisé, arrêt maladie, maternité, accident du travail, service militaire. Ils comptent dans la durée d’assurance pour le taux plein, mais pas pour le calcul du montant de la retraite complémentaire. Ce qu’on ne vous dit pas toujours : vous pouvez cumuler jusqu’à 4 trimestres par an, quel que soit leur origine.
Lien avec le taux plein et la décote
Pour bénéficier du taux plein (50 % du salaire annuel moyen), vous devez justifier d’un certain nombre de trimestres, variable selon votre année de naissance (voir plus bas). Si vous en avez moins, vous subissez une décote définitive : votre pension est réduite d’un coefficient. À l’inverse, la surcote récompense ceux qui dépassent le nombre requis. C’est pourquoi chaque trimestre compte.
À retenir : un trimestre validé = trimestre cotisé + trimestre assimilé, maximum 4 par an. Pas plus, même si vos revenus sont très élevés.

Maintenant que la base est claire, passons aux chiffres concrets : combien faut-il gagner pour valider ces fameux trimestres en 2025 et 2026 ?
Seuils de revenus pour valider vos 4 trimestres en 2025 et 2026
Voici la donnée la plus recherchée, et je vais être le plus clair possible. En 2025, le seuil pour valider un trimestre est fixé à 1 782 € de revenu annuel brut. Ce montant correspond à la valeur du SMIC horaire multipliée par 150 heures, selon la règle en vigueur. Le tableau ci-dessous résume les paliers.
| Nombre de trimestres | Revenu minimum 2025 | Revenu minimum 2026 (gelé) |
|---|---|---|
| 1 trimestre | 1 782 € | 1 782 € |
| 2 trimestres | 3 564 € | 3 564 € |
| 3 trimestres | 5 346 € | 5 346 € |
| 4 trimestres | 7 128 € | 7 128 € |
Ces chiffres sont issus de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) et ont été confirmés par l’assuranceretraite.fr pour l’année 2025. Pour 2026, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026) a gelé les seuils de revalorisation – ils sont donc identiques jusqu’à une prochaine actualisation, probablement en 2027. Bon à savoir : le PASS (Plafond annuel de la Sécurité sociale) pour 2026 est de 4 005 € par mois, soit 48 060 € par an (source Sapiendo Retraite, 2026). Cela n’impacte pas directement le seuil de validation, mais sert de référence pour d’autres calculs de retraite.
À côté de cela, le revenu minimum pour valider un trimestre en 2024 était de 6 762 € pour 4 trimestres (source Novelvy Retraite, 2024). La hausse 2025 s’explique par la revalorisation du SMIC. Mais attention : ce seuil change chaque année, sauf gel exceptionnel.
Maintenant, concrètement, comment cela se traduit pour un salarié ?
Salariés : comment valider un trimestre avec votre salaire ?
Calcul trimestriel pour un salarié à temps plein
Pour un salarié au SMIC à temps plein (environ 1 800 € brut par mois en 2025), le cumul annuel dépasse 7 128 € – donc vous validez automatiquement 4 trimestres. C’est le cas le plus simple. Mais dès que le salaire est plus bas ou le temps partiel, le compte peut ne pas y être.
Cas du temps partiel
Prenons un exemple concret : Marie, vendeuse à temps partiel, gagne 900 € brut par mois, soit 10 800 € par an. En divisant 10 800 par 1 782, on obtient 6,06 – donc elle valide 6 trimestres en théorie, mais le maximum annuel est de 4. Elle valide donc 4 trimestres ? Oui, parce que ses revenus dépassent 7 128 €. En réalité, Marie valide 4 trimestres. Mais si elle gagnait seulement 600 € brut par mois (7 200 €/an), elle serait juste au-dessus du seuil de 4 trimestres. Attention : si son salaire mensuel descend à 500 € (6 000 €/an), elle ne valide que 3 trimestres (6 000 / 1 782 = 3,36 soit 3 trimestres).
Ce qu’on ne vous dit pas toujours : le calcul se fait sur le revenu annuel brut, pas sur les heures travaillées. Peu importe que vous ayez travaillé 10 mois ou 12, seuls les revenus comptent. Une personne qui travaille 9 mois à 1 800 € brut par mois gagne 16 200 € – elle valide 4 trimestres en 9 mois. Mais les 3 mois sans salaire ne valident rien.
Cumul d’emplois et validation
Si vous cumulez deux emplois, les revenus bruts s’additionnent. Par exemple, un gardien de nuit (800 € brut) et un job de week-end (400 € brut) : total 1 200 €/mois, soit 14 400 €/an. Cela valide 4 trimestres. Dans mon ancien établissement, j’ai connu un agent d’entretien qui cumulait avec un petit contrat chez un commerçant ; il était surpris d’avoir ses 4 trimestres chaque année. C’est un bon réflexe à vérifier.
Transition vers les indépendants : les règles changent radicalement pour les micro-entrepreneurs.

Indépendants et micro-entrepreneurs : valider un trimestre retraite
Seuils par branche d’activité (vente, BIC, BNC)
Pour un micro-entrepreneur, le calcul est différent : les cotisations sont proportionnelles au chiffre d’affaires (CA) et le seuil de validation d’un trimestre dépend du CA encaissé. Le régime général (Sécurité sociale des indépendants) a fixé des montants pour 2025 :
| Activité | CA annuel pour 1 trimestre | CA annuel pour 4 trimestres |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 4 495 € | 17 980 € |
| Prestations de services (BIC) | 2 248 € | 8 992 € |
| Professions libérales (BNC) | 2 248 € | 8 992 € |
Ces seuils sont issus de la CNAV et actualisés chaque année. En dessous, vous ne validez aucun trimestre. Par exemple, si vous êtes prestataire de services et que votre CA annuel est de 3 000 €, vous validez 1 trimestre (3 000 / 2 248 = 1,33, soit 1 trimestre).
Cotisation minimale obligatoire
Depuis 2023, un dispositif de cotisation minimale garantit aux indépendants (hors micro-entrepreneurs) la validation de 3 trimestres obligatoires par an. Concrètement, même si votre revenu professionnel est très faible, vous cotisez sur une base minimale (équivalent à 150 fois le SMIC horaire). Cela vous offre déjà 3 trimestres cotisés. Ce système ne concerne pas les micro-entrepreneurs, qui cotisent au réel sur leur CA.
J’ai accompagné plusieurs personnes en reconversion comme micro-entrepreneur. Leur plus grande crainte était de ne pas valider de trimestres. Je leur conseillais de suivre leur CA mensuellement et, si besoin, de regrouper des factures sur une même année pour atteindre le seuil. Mais attention : on ne peut pas reporter des revenus d’une année sur l’autre.
Passons maintenant aux situations où vous ne travaillez pas : chômage, maladie…
Trimestres assimilés : chômage, maladie, maternité… comment ça marche ?
Trimestres pour chômage indemnisé
Si vous êtes inscrit à France Travail (ex-Pôle emploi) et que vous percevez une indemnisation, vous pouvez valider jusqu’à 4 trimestres par an. La règle : 50 jours de chômage indemnisé valident 1 trimestre. Ces périodes sont dites assimilées et comptent pour le taux plein, mais pas pour le calcul du montant des régimes complémentaires. Attention : le chômage non indemnisé (fin de droits, démission non reconnue) ne donne aucun trimestre.
Trimestres pour maladie, maternité, accident du travail
Pour la maladie, 60 jours d’arrêt de travail indemnisé (avec indemnités journalières) valident 1 trimestre, dans la limite de 4 par an. Même chose pour maternité (congé maternité indemnisé) et accident du travail. Ce sont des périodes de protection sociale importantes à ne pas négliger. Dans mon métier, j’ai vu des femmes ayant eu plusieurs enfants se retrouver avec des trimestres supplémentaires grâce à la maternité, ce qui leur a permis d’atteindre plus facilement le taux plein.
Trimestres pour formation professionnelle
Depuis janvier 2015, les stages de formation professionnelle continue suivis par un demandeur d’emploi non indemnisé peuvent donner droit à 1 trimestre pour 50 jours de formation. Ce dispositif méconnu peut aider ceux qui se forment en reconversion. Cependant, les stages en entreprise (type stage étudiant) ne comptent pas sauf s’ils sont rémunérés et soumis à cotisations.
Bon à savoir : les trimestres assimilés ne rapportent pas de points dans les régimes complémentaires (Agirc-Arrco), mais ils valident la durée d’assurance pour le taux plein de la retraite de base.
Après ces périodes, revenons au nombre exact de trimestres requis pour partir à taux plein.
Combien de trimestres faut-il pour une retraite à taux plein en 2026 ?
Tableau des trimestres requis par année de naissance
Le nombre de trimestres nécessaires pour le taux plein varie selon votre année de naissance. Voici les chiffres actuels, gelés par la réforme jusqu’en 2028 (source Groupama, Ma Nouvelle Vie, 2026).
| Année de naissance | Nombre de trimestres requis | Âge légal minimum |
|---|---|---|
| 1960 | 167 | 62 ans |
| 1961 | 168 | 62 ans |
| 1962 | 169 | 62 ans |
| 1963 | 170 | 62 ans |
| 1964 | 171 | 62 ans |
| 1965 | 172 | 62 ans |
| 1966 et après | 172 | 62 ans (sauf carrière longue) |
Impact du gel de la réforme (2026-2028)
La LFSS 2026 a gelé la progression du nombre de trimestres requis jusqu’à 2028. Cela signifie que les seuils ci-dessus restent valables jusqu’à cette date, sauf nouvelle loi. Ensuite, une nouvelle augmentation est possible, mais pour l’instant, vous pouvez vous baser sur ces chiffres. Pour les carrières longues, il est possible de partir avant 62 ans si vous avez un certain nombre de trimestres cotisés avant 20 ans (ou 21 ans selon les générations). Les règles sont spécifiques – je vous conseille de consulter un simulateur officiel.
Maintenant, comment être sûr de ne pas perdre de trimestres ?
Comment vérifier et optimiser votre nombre de trimestres validés ?
Consulter son relevé de carrière
Le premier geste à faire est de créer un compte sur info-retraite.fr ou d’utiliser le service en ligne de votre Carsat. Vous y trouverez votre relevé de carrière qui récapitule tous les trimestres validés année par année. Je recommande de le vérifier au moins une fois par an, surtout si vous changez d’emploi ou de statut.
Corriger une erreur de trimestre
Des erreurs sont possibles : un employeur n’a pas déclaré votre salaire, une période de chômage a été oubliée. La démarche est simple : connectez-vous, utilisez le formulaire de contestation en ligne, joignez vos justificatifs (fiches de paie, attestations France Travail). Les délais de correction peuvent prendre quelques mois, mais mieux vaut anticiper.
Rachat de trimestres (surcote, retraite anticipée)
Si vous constatez qu’il vous manque des trimestres, vous pouvez racheter des années d’études supérieures ou des années incomplètes. Le coût varie selon votre âge et vos revenus. Ce n’est pas automatiquement rentable – un entretien avec votre Carsat est conseillé. Pour ceux qui souhaitent partir en retraite anticipée carrière longue, le rachat peut être une solution.
Checklist pratique :
- Créez un compte sur info-retraite.fr
- Vérifiez chaque année de votre carrière
- Comparez vos fiches de paie avec le relevé
- Signalez toute anomalie via le formulaire en ligne
- Envisagez un rachat si nécessaire
Pour finir, voici les réponses aux questions les plus fréquentes que j’entends.
Questions fréquentes
Puis-je valider 4 trimestres en un mois ?
Non, même si vos revenus mensuels dépassent le seuil annuel (7 128 €), la validation est plafonnée à 4 trimestres par an et se fait progressivement : il faut que le cumul des revenus mensuels atteigne chaque seuil trimestriel. Vous ne pouvez pas dépasser 4 trimestres.
Quel salaire pour valider un trimestre en 2026 ?
En 2025, le seuil est de 1 782 € pour un trimestre et 7 128 € pour quatre. En 2026, ces seuils sont gelés, donc identiques jusqu’à la prochaine revalorisation (probablement 2027).
Comment valider des trimestres quand on est au chômage ?
Si vous êtes indemnisé par France Travail (ex-Pôle emploi), 50 jours de chômage indemnisé valident un trimestre, dans la limite de 4 trimestres par an. Les périodes de chômage non indemnisé ne sont pas prises en compte.
Les trimestres de stage sont-ils validés pour la retraite ?
Oui, pour les stages de formation professionnelle continue effectués depuis janvier 2015 par un demandeur d’emploi non indemnisé, les trimestres sont attribués comme des périodes assimilées (un trimestre pour 50 jours).
Quelle est la différence entre un trimestre cotisé et un trimestre assimilé ?
Le trimestre cotisé est obtenu grâce à des revenus soumis à cotisations (salaire, CA). Le trimestre assimilé est attribué sans cotisation directe (chômage, maladie, maternité, service militaire). Les deux comptent dans la durée d’assurance pour le taux plein.
Puis-je utiliser le salaire d’une année pour valider des trimestres d’une autre année ?
Non, le calcul se fait année par année. Les revenus perçus en 2025 valident des trimestres uniquement pour l’année 2025, pas pour une année antérieure ou future.
Que faire si mon relevé de carrière contient une erreur sur le nombre de trimestres ?
Connectez-vous à votre espace personnel sur info-retraite.fr, utilisez le formulaire de contestation en ligne, ou contactez votre Carsat. Vous pouvez fournir vos fiches de paie et attestations employeur pour justifier.
Prenez cinq minutes pour consulter votre compte retraite sur info-retraite.fr : c’est le meilleur moyen d’être sûr de valider tous vos trimestres et de préparer l’avenir sereinement.

Ancien directeur d’EHPAD qui a consacré 25 ans de sa carrière à l’accompagnement de personnes âgées en établissement. Fort de cette expérience terrain, il crée La Juvénie pour partager des conseils honnêtes et pratiques sur l’autonomie, les droits des seniors et le choix d’un hébergement adapté. Indépendant et sans lien commercial, il s’engage à dire les choses telles qu’elles sont.
