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Points clés à retenir
- Le PASA est une unité de jour intra-EHPAD, non médicalisée, réservée aux résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés avec troubles du comportement modérés.
- Il ne faut pas le confondre avec l’UHR (hébergement renforcé continu pour troubles sévères) ni avec l’accueil de jour (ouvert aux personnes vivant à domicile).
- L’admission repose sur une évaluation pluridisciplinaire validée par le médecin coordonnateur, inscrite dans le projet personnalisé du résident.
- Aucun surcoût n’est facturé au résident : le PASA est financé par l’assurance maladie via les dotations globales de l’établissement.
Votre proche atteint de la maladie d’Alzheimer vit en EHPAD et son comportement change : agitation, déambulation, repli sur soi ? Savez-vous qu’un espace dédié, au sein même de l’établissement, peut l’apaiser et lui redonner un rythme ?
De mon expérience de directeur de maison de retraite pendant vingt-cinq ans, j’ai vu trop de familles découvrir le PASA par hasard, alors qu’il aurait pu transformer le quotidien de leur parent bien plus tôt. Parlons-en franchement : les proches confondent souvent PASA, UHR et accueil de jour, et ignorent les critères précis d’éligibilité. Les troubles du comportement modérés, qui ouvrent justement les portes de ce pôle, sont mal compris, parfois banalisés, parfois dramatisés à tort.
Ce guide clarifie ce qu’est un PASA en EHPAD, à qui il s’adresse, comment en bénéficier concrètement, et comment évaluer sa qualité lors d’une visite.
Qu’est-ce qu’un PASA en EHPAD ? Définition et rôle
Le PASA (Pôle d’activités et de soins adaptés) est un espace aménagé au sein d’un EHPAD qui accueille en journée les résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés, présentant des troubles du comportement modérés. Encadré par une équipe pluridisciplinaire, il propose des activités thérapeutiques et sociales personnalisées visant à apaiser, stimuler et préserver les capacités.
Voilà pour la définition officielle. Maintenant, parlons du terrain. Un PASA n’est ni une unité de soins intensifs, ni une simple salle d’animation améliorée. C’est un lieu à part, pensé architecturalement, avec des repères visuels, des couleurs douces, des espaces identifiables, souvent un accès direct à un jardin clos. Ce qu’on ne vous dit pas toujours, c’est que la qualité du PASA dépend moins de la surface au mètre carré que du projet d’accompagnement qui le fait vivre.
Que signifie exactement PASA ?
L’acronyme signifie Pôle d’activités et de soins adaptés. Deux mots comptent : « pôle » et « adaptés ». Pôle, parce que ce n’est pas une unité fermée mais un espace rattaché à l’EHPAD, où les résidents circulent depuis leur unité de vie habituelle. Adaptés, parce que tout y est pensé pour compenser les troubles cognitifs : signalétique, rythme des journées, matériel d’animation, formation du personnel.
Ce qui distingue un PASA d’un service classique, c’est son caractère diurne. On y vient le matin, on en repart en fin d’après-midi. Le résident continue de dormir dans sa chambre, dans son unité habituelle, auprès des soignants qui le connaissent.
Un PASA est-il médicalisé ?
Non. C’est un point essentiel, souvent mal compris. Le PASA est une unité de soins non médicalisée au sens strict : pas de médecin présent à demeure, pas de plateau technique, pas de perfusion ou de surveillance médicale continue. On n’y soigne pas une pathologie aiguë.
En revanche — et c’est toute la nuance — l’approche est thérapeutique. Les activités proposées ne sont pas de la simple occupation. Elles sont pensées comme des interventions non médicamenteuses, évaluées et ajustées par l’équipe pluridisciplinaire. C’est précisément ce qui donne au PASA sa valeur ajoutée dans la prise en charge des troubles du comportement.
Pourquoi les EHPAD créent-ils des PASA ?
Il y a une réponse humaine et une réponse pragmatique. La réponse humaine, la voici : un résident agité ou déambulant toute la journée épuise les équipes, dérange les autres, et se met en danger. Le placer en PASA le matin, c’est lui offrir un cadre contenant, un rythme, des visages familiers formés à sa pathologie.
La réponse pragmatique : depuis le plan Alzheimer, les EHPAD sont incités à structurer leur offre pour ces publics. Un établissement sans PASA doit trouver d’autres réponses, souvent moins satisfaisantes. De mon expérience, les équipes qui disposent d’un PASA constatent une baisse de la consommation d’antipsychotiques, une diminution des chutes et un climat plus apaisé dans les unités.
| Critère | Réponse |
|---|---|
| Public accueilli | Résidents atteints d’Alzheimer ou troubles apparentés avec troubles modérés |
| Statut | Unité de soins non médicalisée |
| Provenance des résidents | Uniquement des résidents de l’EHPAD qui abrite le PASA |
| Durée d’accueil | Journée (pas d’hébergement) |
| Encadrement | Équipe pluridisciplinaire formée (AS référent, animateur, ergothérapeute, psychomotricien) |
| Financement | Assurance maladie via les dotations globales de l’établissement |
Maintenant que la définition est posée, attaquons la confusion la plus fréquente en établissement : PASA, UHR, accueil de jour, trois structures, trois publics, trois logiques.

PASA, UHR et accueil de jour : quelles différences ?
C’est la question qu’on me posait le plus souvent en visite de chambre, à la sortie d’une réunion avec les familles, dans le hall de l’établissement. Les trois dispositifs existent, mais chacun répond à une situation précise. Confondre les trois, c’est risquer de mal orienter son proche — ou de mal comprendre ce que propose réellement l’établissement qu’on visite.
Retenez la logique simple : PASA = résidents EHPAD, en journée, troubles modérés. UHR = hébergement continu, troubles sévères. Accueil de jour = personnes à domicile, formules souples.
PASA : accueil de jour intra-EHPAD
Le PASA accueille des résidents déjà hébergés dans l’établissement. Ils quittent leur unité de vie le matin, rejoignent le pôle, participent aux activités, déjeunent dans un cadre adapté, retournent dans leur chambre en fin de journée. Durée typique : 6 à 8 heures par jour, plusieurs jours par semaine.
Le PASA n’accueille jamais de personnes venant de l’extérieur. Si votre proche vit encore à domicile, ce n’est pas la bonne structure. De mon expérience, cette confusion entraîne des demandes inadaptées, source de frustration pour les familles.
UHR : hébergement renforcé pour troubles sévères
L’Unité d’hébergement renforcé est un espace où le résident est hébergé 24 heures sur 24. Elle s’adresse aux personnes atteintes de troubles sévères : agressivité importante, errance permanente, troubles du comportement difficiles à contenir en unité classique. L’encadrement y est nettement plus dense, avec un ratio personnel/résident renforcé.
L’UHR nécessite une autorisation spécifique de l’ARS, contrairement au PASA dont le régime est plus souple. C’est un point technique, mais qui explique pourquoi certains EHPAD disposent d’un PASA sans avoir d’UHR.
Accueil de jour : la solution pour les personnes à domicile
L’accueil de jour autonome — parfois adossé à un EHPAD mais avec une entrée séparée — reçoit des personnes vivant encore chez elles. L’objectif est double : maintenir la vie à domicile le plus longtemps possible et offrir un répit aux aidants. Formules : journée complète, demi-journée, une à plusieurs fois par semaine.
| Structure | Public | Provenance | Durée | Intensité des troubles | Encadrement |
|---|---|---|---|---|---|
| PASA | Alzheimer / apparentés | Résidents EHPAD | Journée | Modérés | Renforcé en journée |
| UHR | Alzheimer / apparentés | Résidents EHPAD | 24 h / 24 | Sévères | Très renforcé, autorisation ARS |
| Accueil de jour | Alzheimer / apparentés | Domicile | Journée ou demi-journée | Modérés à sévères | Équipe dédiée |
Cette distinction en tête, examinons maintenant qui est réellement éligible au PASA. Les critères sont précis, et toutes les situations ne s’y prêtent pas.
À qui s’adresse le PASA ? Critères d’admission et public éligible
Le PASA ne s’ouvre pas à tous les résidents atteints de troubles cognitifs. C’est une unité d’accueil de jour conçue pour un profil précis, défini par la circulaire ministérielle issue du plan Alzheimer. Je vais vous détailler les critères tels qu’ils sont utilisés en commission d’admission.
Les critères médicaux et comportementaux
Le premier critère, c’est la nature des troubles. Le PASA vise des troubles du comportement modérés : agitation intermittente, déambulation non dangereuse, anxiété, opposition, apathie, troubles du sommeil légers. Le résident conserve une capacité à interagir, à participer à une activité guidée, à reconnaître un cadre familier.
Le deuxième critère, c’est le stade de la maladie. Un score MMS/MMSE (Mini-Mental State Examination) est souvent pris en compte. Il n’existe pas de seuil absolu fixé par la réglementation, mais en pratique, un score entre 10 et 20 oriente volontiers vers le PASA. En dessous, un tableau sévère peut faire préférer l’UHR. Au-dessus, un score élevé peut orienter vers des activités de droit commun de l’EHPAD.
Le troisième critère, c’est la mobilité. Le résident doit pouvoir se déplacer, avec ou sans aide technique, dans les espaces du PASA. Un résident grabataire ou en fauteuil avec dépendance totale n’y trouve pas le bénéfice attendu.
Les pathologies éligibles au-delà d’Alzheimer
Beaucoup de familles pensent que le PASA est réservé à la maladie d’Alzheimer. C’est inexact. Le PASA accueille aussi les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives apparentées : maladie à corps de Lewy, démence fronto-temporale, dégénérescence cortico-basale, démences mixtes, maladie de Parkinson avec troubles cognitifs.
Les démences vasculaires sont également concernées, à condition que le tableau clinique reste compatible avec un accueil de jour collectif. De mon expérience, c’est moins le diagnostic précis qui compte que le profil comportemental et la capacité du résident à tirer profit d’activités en groupe.
Les situations qui orientent vers une autre unité
Certaines situations excluent d’emblée le PASA. Il faut le dire clairement :
- Troubles sévères : agressivité physique importante, crises fréquentes, mise en danger permanente → orientation vers UHR.
- Pathologie psychiatrique aiguë non stabilisée : schizophrénie en décompensation, troubles bipolaires actifs.
- Troubles somatiques lourds nécessitant une surveillance médicale continue.
- Dépendance totale avec impossibilité de participer aux activités collectives.
- Refus persistant du résident après plusieurs essais d’adaptation.
Avertissement : le PASA n’est pas un accueil de tout profil. L’admission dépend du projet personnalisé de chaque résident et d’une décision collective en équipe pluridisciplinaire. Aucune famille ne peut « exiger » une place en PASA sans passer par cette procédure.
Checklist — Mon proche est-il éligible ?
- Troubles du comportement modérés, non sévères
- Diagnostic posé : Alzheimer ou maladie apparentée
- Mobilité compatible avec les activités proposées
- Capacité de participation à des activités collectives guidées
- Projet de vie validé par l’équipe et la famille
- Accord du médecin coordonnateur
Ces critères posés, entrons dans le concret : à quoi ressemble concrètement une journée passée en PASA ? C’est ce que ni les brochures ni les sites internet ne montrent vraiment.
Une journée type en PASA : activités, soins et accompagnement thérapeutique
Ce que j’ai observé sur le terrain, c’est qu’une journée bien construite en PASA suit un fil conducteur : accueillir doucement, stimuler sans épuiser, apaiser, respecter le rythme. Voici le déroulé tel qu’on le retrouve dans la plupart des établissements de qualité.
Le matin : accueil et ateliers de stimulation
Vers 9 h 30 — parfois 10 h selon les rythmes du résident — l’équipe du PASA accueille les résidents venus de leurs unités. Un temps d’accueil individuel permet de repérer l’humeur du jour, l’état de fatigue, la présence éventuelle de douleurs. Café, thé, petits gâteaux : le petit-déjeuner partagé n’est pas anodin, c’est un rituel rassurant qui ancre la journée.
Ensuite démarrent les ateliers cognitifs : jeux de mémoire, reconnaissances d’images, chansons à texte, évocation de souvenirs liés à une saison ou à un métier. La thérapie par la remémoration occupe une place de choix : on travaille avec des photos anciennes, des objets familiers, des chansons d’époque. Ce n’est pas un test, c’est un prétexte à échange.
Puis viennent les ateliers sensoriels : manipulations de pâtes à modeler, jardinage thérapeutique, écoute musicale, reconnaissance d’odeurs. L’objectif n’est jamais la performance mais l’engagement, le plaisir, la mobilisation des capacités résiduelles.
Le midi : repas thérapeutique et temps calme
Le repas thérapeutique est l’un des moments les plus structurants de la journée. Il se déroule au PASA, dans un espace adapté, avec une table qui ne dépasse pas 6 à 8 convives. L’équipe veille à l’installation, à la présentation des plats, à la convivialité. Aucune urgence, aucun bruit excessif.
Le repas thérapeutique travaille beaucoup de choses à la fois : la déglutition, la manipulation des couverts, l’orientation dans le temps, la reconnaissance des aliments, le lien social. Ce qu’on ne vous dit pas toujours, c’est qu’un résident qui refuse de manger en unité classique mangera parfois correctement en PASA, tout simplement parce que le cadre est apaisé.
Après le repas, place au temps de repos. Sieste en fauteuil, relaxation guidée, musique douce. Le PASA n’est pas un centre de loisirs intensif : le respect du rythme biologique fait partie intégrante du soin.
L’après-midi : activités individuelles et collectives
Après 14 h 30, les activités reprennent. On alterne activités de groupe (chant, gym douce, art-thérapie, atelier cuisine) et temps individuels encadrés : lecture, promenade dans le jardin, soin esthétique, moment avec l’aide-soignante référente. Cette alternance est capitale : certains résidents se fatiguent vite du collectif.
L’activité physique adaptée trouve toute sa place : parcours de marche sécurisé, mouvements sur chaise, jeux de ballon léger. Elle vise le maintien de l’équilibre, la prévention des chutes, l’entretien de la mobilité.
Vers 16 h 30 — parfois plus tard selon les habitudes de l’établissement — c’est le retour en unité de vie. Un temps de transition doux, avec transmission à l’équipe soignante des observations du jour : humeur, appétit, incidents, points positifs.
L’équipe pluridisciplinaire du PASA
Un PASA fonctionne grâce à une équipe formée et complémentaire. On y retrouve typiquement :
- Un ou plusieurs aides-soignants référents, formés à l’approche Alzheimer
- Un animateur ou une animatrice dédiée au pôle
- Un ergothérapeute ou un psychomotricien
- Un psychologue, souvent à temps partiel
- Le médecin coordonnateur qui valide les orientations
Ce qui fait la différence, ce n’est pas le nombre de professionnels mais leur cohérence. Un PASA où l’animateur, l’aide-soignant et le psychologue se parlent chaque jour vaut mieux qu’un PASA avec un gros effectif qui ne se coordonne pas.
| Objectif thérapeutique | Exemple d’activité | Compétence travaillée |
|---|---|---|
| Stimulation cognitive | Jeux de mémoire, quiz souvenirs | Attention, langage, orientation |
| Apaisement anxieux | Relaxation, musicothérapie | Régulation émotionnelle |
| Maintien moteur | Gym douce, parcours de marche | Équilibre, coordination, prévention des chutes |
| Lien social | Repas thérapeutique, chant collectif | Communication, reconnaissance |
| Estime de soi | Soin esthétique, atelier cuisine | Valorisation, autonomie |
| Orientation temporo-spatiale | Calendrier du jour, jardinage | Repères, saisonnalité |
Ce que j’ai observé sur le terrain : dans un EHPAD que j’ai dirigé, une résidente atteinte d’Alzheimer ne parlait quasiment plus. Un jour, l’animatrice du PASA a ressorti une vieille machine à coudre. Cette dame, couturière dans sa jeunesse, s’est mise à montrer aux autres comment on enfile l’aiguille. Elle est restée silencieuse pendant des semaines, puis elle a repris des phrases entières en atelier. Ce n’était pas de la magie : c’était le pouvoir d’une activité porteuse de sens.
Reste une question pratique, celle que toutes les familles abordent tôt ou tard : comment faire pour que mon proche y accède ?

Comment intégrer un PASA ? Démarches, projet de vie et suivi
Contrairement à ce que certains imaginent, on n’entre pas en PASA sur simple demande. C’est un projet d’accompagnement, pas une case à cocher dans un dossier. Voici comment ça se passe concrètement en établissement.
Le repérage par l’équipe de l’EHPAD
Le point de départ, c’est presque toujours l’équipe soignante de l’unité de vie. Ce sont les aides-soignants qui repèrent le premier les signes : agitation récurrente en après-midi, déambulation, refus de participer aux animations classiques, apathie marquée, ou simplement un besoin d’un cadre plus contenant. L’infirmière coordinatrice consigne les observations.
À ce stade, la famille peut aussi signaler à l’équipe ce qu’elle observe lors des visites. C’est même souvent utile : les proches voient parfois des choses que les soignants, pris par le quotidien, ne perçoivent pas.
L’évaluation et le projet personnalisé
Vient ensuite une évaluation médico-psycho-sociale. Elle mobilise plusieurs professionnels : médecin coordonnateur, psychologue, ergothérapeute, aide-soignant référent. On examine le comportement, la cognition, la mobilité, l’appétit, l’humeur, la vie sociale, les habitudes de vie antérieures.
De cette évaluation naît une proposition d’orientation vers le PASA, qui s’inscrit dans le projet personnalisé du résident. Ce document, exigé par la réglementation, décrit les objectifs, les activités prévues, les modalités d’évaluation, les personnes responsables. C’est la pierre angulaire du dispositif.
L’adhésion du résident et de la famille
Ce point est crucial, et pourtant parfois négligé. Le résident doit être associé à la décision, autant que son état le permet. On lui explique, on l’accompagne, on tente une période d’essai de quelques jours ou semaines. S’il refuse catégoriquement, on ne force pas : installer un résident malgré lui dans un lieu qu’il rejette va à l’encontre de tout l’esprit du PASA.
La famille, de son côté, est informée et sollicitée. On lui présente le projet, on répond à ses questions, on l’invite parfois à participer à une réunion d’équipe. Ce dialogue est gage de cohérence : si le proche entend un son de cloche à l’extérieur et un autre à l’intérieur, il se sent perdu.
Checklist — Étapes d’admission en PASA
- Signalement par l’équipe soignante de l’unité de vie
- Recueil des observations de la famille
- Évaluation médico-psycho-sociale pluridisciplinaire
- Élaboration du projet personnalisé avec objectifs PASA
- Présentation au résident et à sa famille
- Validation par le médecin coordonnateur
- Période d’essai et observations
- Bilan à 1 mois, puis réévaluation régulière
Maintenant que le parcours est clair, demandons-nous : quels bénéfices réels peut-on attendre du PASA, pour le résident comme pour ses proches ?
PASA et maladie d’Alzheimer : bénéfices pour le résident et les aidants
La maladie d’Alzheimer est une pathologie qui épuise. Épuise le résident, épuise les équipes, épuise les familles. Le PASA a précisément été conçu comme une réponse non médicamenteuse à cette épuisement. Voyons ce que disent la littérature gérontologique et mon expérience de terrain.
Apaiser les troubles du comportement
C’est l’effet le plus documenté. En offrant un cadre structuré, un rythme prévisible, des activités porteuses de sens, le PASA diminue l’intensité et la fréquence des troubles du comportement. Les études gériatriques relèvent une baisse de l’anxiété, une réduction de l’agitation, une meilleure régulation émotionnelle.
Ce qu’on ne vous dit pas toujours, c’est que le bénéfice se prolonge souvent en dehors du PASA : un résident apaisé en journée dort mieux la nuit, ce qui réduit les interventions nocturnes et améliore la qualité de vie de toute l’unité.
Maintenir les capacités et le lien social
Le PASA ne guérit pas, ne ralentit pas la maladie au sens strict, mais il maintient. Maintien des capacités cognitives résiduelles par la stimulation, maintien de la mobilité par l’activité physique adaptée, maintien de la parole et du lien social par les temps collectifs.
Ce lien social est précieux. Trop de résidents atteints d’Alzheimer s’isolent, se replient, restent assis en chambre des heures durant. Au PASA, ils retrouvent un groupe, des visages familiers, des conversations simples mais réelles.
Un soutien indirect pour les aidants familiaux
Le PASA n’est pas ouvert aux aidants au sens propre : il est intra-EHPAD, donc les proches n’y sont pas accueillis en continu. Pourtant, son impact sur eux est indéniable.
Quand un conjoint ou un enfant rend visite et trouve un parent apaisé, plus disponible, plus réactif, la visite devient un moment de plaisir partagé plutôt qu’un moment de tension. Quand les troubles du comportement diminuent, les appels angoissés de l’établissement se raréfient. Bref, le PASA allège la charge mentale des familles, même s’il ne les soulage pas physiquement.
Conseil : rappelez-vous qu’aucun traitement médicamenteux n’est administré en PASA au-delà du suivi habituel de l’EHPAD. Les médicaments prescrits au résident continuent d’être donnés, mais le PASA en lui-même n’est pas un lieu de soins médicamenteux. Sa force, c’est justement l’inverse : une approche non médicamenteuse, respectueuse, qui mise sur les ressources propres de la personne.
Tout cela est encadré. Venons-en au cadre réglementaire et à la question du financement, souvent source d’inquiétude légitime.
Cadre réglementaire et financement du PASA en 2026
Parlons-en franchement, parce que c’est souvent une source de confusion : le PASA est-il payant ? Qui finance ? Faut-il une autorisation spécifique ? Voici les réponses.
L’origine réglementaire des PASA
L’origine des PASA remonte au plan Alzheimer 2008-2012, qui a impulsé la création d’unités dédiées au sein des EHPAD. Une circulaire ministérielle a précisé le cadre : publics éligibles, effectifs attendus, missions, articulation avec les autres dispositifs. Ce texte reste la référence.
Les PASA se sont déployés progressivement. Aujourd’hui, on estime qu’une part significative des EHPAD français disposent d’un PASA ou d’un dispositif équivalent, mais tous n’en ont pas — loin de là. Les territoires sont inégaux, et la question de l’équité d’accès reste un enjeu.
Le rôle de l’ARS et de l’assurance maladie
Contrairement à l’UHR, le PASA ne nécessite pas d’autorisation spécifique au titre de l’article correspondant du code de l’action sociale et des familles. Il s’inscrit dans l’activité globale de l’EHPAD, sous le contrôle de l’ARS (Agence régionale de santé).
Le financement passe par les crédits d’assurance maladie versés à l’établissement au titre de la section soins. L’ARS peut flécher des moyens supplémentaires, notamment au moment de l’ouverture du PASA, pour financer les postes dédiés et l’aménagement des locaux.
Ce que le PASA change sur la facture du résident
Rien, ou presque. L’accueil en PASA ne génère aucun surcoût facturé au résident. Il est inclus dans la prise en charge globale de l’EHPAD : le tarif hébergement, le tarif dépendance, le tarif soins ne sont pas modifiés par la fréquentation du PASA.
C’est une bonne nouvelle et une information que les familles cherchent souvent. Certains prestataires privés (ateliers spécifiques hors PASA, soins esthétiques, sorties) peuvent être facturés à part, mais le PASA en tant que tel reste gratuit pour le résident.
Définition : la circulaire fondatrice prévoit qu’un PASA est financé sur les crédits d’assurance maladie, avec un projet architectural et un projet d’accompagnement validés en amont par l’ARS. Toutes les demandes de création ne sont pas acceptées, ce qui explique les disparités territoriales.
Toutes ces conditions posées, la vraie question pour une famille arrive au moment de la visite d’un EHPAD : comment savoir si le PASA est solide ?
Comment choisir un EHPAD avec PASA ? Questions à poser lors de la visite
De mon expérience, la qualité d’un PASA ne se lit pas dans une plaquette. Elle se voit, elle s’entend, elle se sent. Voici comment j’orienterais mes propres parents si je cherchais aujourd’hui.
Les indicateurs à vérifier avant de signer
Un PASA de qualité se repère à plusieurs signaux objectifs :
- Taux d’occupation à mi-charge : ni vide (signe d’inadaptation), ni saturé en permanence (signe d’engorgement).
- Ratio personnel/résidents : typiquement 1 professionnel pour 6 à 8 résidents présents.
- Formation Alzheimer du personnel : combien d’heures, à quelle fréquence, qui est formé ?
- Programme d’activités : existe-t-il un planning écrit, varié, évalué ?
- Articulation avec l’UHR : comment se passe le passage d’une structure à l’autre selon l’évolution ?
- Place des familles : sont-elles invitées à des temps au PASA, à des réunions ?
Les questions à poser au directeur et au médecin coordonnateur
Ne tournez pas autour du pot. Voici les questions que je vous invite à poser frontalement.
10 questions à poser sur le PASA :
- Combien de places compte le PASA ? Sont-elles toutes ouvertes ?
- Quel est le ratio d’encadrement effectif en journée ?
- Quel pourcentage du personnel est formé à l’approche Alzheimer ?
- Combien de jours par semaine un résident peut-il fréquenter le PASA ?
- Comment le PASA s’articule-t-il avec l’unité de vie d’origine ?
- Comment les familles sont-elles informées du suivi ?
- Peut-on visiter le PASA pendant une activité ?
- Comment le résident est-il préparé à cette transition ?
- Que se passe-t-il si le PASA ne convient pas au bout de quelques semaines ?
- Quel est le projet d’accompagnement écrit de ce PASA ?
Observer le PASA pendant la visite
Ce que j’ai observé sur le terrain : la meilleure évaluation d’un PASA, c’est ce qu’on y voit en direct. Demandez à visiter pendant une activité, pas pendant un temps calme. Regardez :
- Les résidents sont-ils engagés dans l’activité, ou sont-ils assis sans réaction ?
- L’ambiance sonore est-elle paisible ou bruyante ?
- Les professionnels parlent-ils aux résidents avec respect et patience ?
- Le lieu est-il propre, lumineux, sans danger (prises protégées, tapis antidérapants) ?
- Y a-t-il des repères visuels (horloges, saisons, photos, calendrier) ?
- Les résidents peuvent-ils circuler sans être immédiatement interpelés ?
Une chose que je dis souvent aux familles : si vous sentez une forme de vie dans le PASA, vous êtes probablement au bon endroit. Si vous sentez une salle où les gens attendent la fin, ce n’est pas la peine d’insister.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un PASA en EHPAD ?
Le PASA (Pôle d’activités et de soins adaptés) est une unité non médicalisée aménagée au sein d’un EHPAD. Il accueille en journée les résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés, présentant des troubles du comportement modérés, et leur propose des activités thérapeutiques et sociales encadrées par une équipe pluridisciplinaire.
Quelle est la différence entre PASA et UHR ?
Le PASA accueille en journée des résidents présentant des troubles du comportement modérés. L’UHR (Unité d’hébergement renforcé) héberge en continu, 24 heures sur 24, des résidents dont les troubles sont sévères. L’UHR nécessite une autorisation spécifique de l’ARS, contrairement au PASA.
Le PASA accueille-t-il des personnes vivant à domicile ?
Non. Le PASA est réservé aux résidents déjà hébergés dans l’EHPAD qui l’abrite. Une personne vivant encore chez elle ne peut pas y être accueillie. Pour ce type de situation, il faut s’orienter vers un accueil de jour autonome, qui reçoit précisément des personnes à domicile.
Le PASA est-il payant pour le résident ?
Non. L’accueil en PASA est inclus dans la prise en charge globale de l’EHPAD, sans facturation supplémentaire au résident. Le PASA est financé par l’assurance maladie via les dotations versées à l’établissement au titre de la section soins.
Quels troubles sont admis en PASA ?
Le PASA accueille des troubles du comportement modérés : agitation intermittente, déambulation non dangereuse, anxiété, apathie, opposition légère. Les troubles cognitifs doivent être liés à la maladie d’Alzheimer ou à des maladies neuro-dégénératives apparentées. La mobilité doit être compatible avec les activités proposées.
Quelles activités sont proposées dans un PASA ?
Les activités principales sont : ateliers de stimulation cognitive, thérapie par la remémoration, art-thérapie, musicothérapie, activité physique adaptée, repas thérapeutique, jardinage thérapeutique, et temps individuels encadrés. Le tout est guidé par une équipe pluridisciplinaire formée à l’approche Alzheimer.
Comment intégrer un PASA en EHPAD ?
L’équipe soignante repère le résident éligible, une évaluation médico-psycho-sociale est réalisée, le projet est présenté au résident et à sa famille, puis validé par le médecin coordonnateur. Une période d’essai est généralement proposée, suivie d’un bilan à un mois et de réévaluations régulières. Le résident reste hébergé dans son unité de vie habituelle.
Ce qu’il faut retenir
Le PASA est une unité de jour intra-EHPAD, non médicalisée, réservée aux résidents atteints d’Alzheimer ou de troubles apparentés avec troubles du comportement modérés. C’est la première chose à retenir.
Il se distingue nettement de l’UHR, qui héberge en continu des résidents aux troubles sévères, et de l’accueil de jour, qui accueille des personnes vivant encore à domicile. Confondre les trois, c’est risquer de mal orienter son proche.
L’admission repose sur une évaluation pluridisciplinaire et un projet personnalisé, sans surcoût pour le résident. Elle ne se décide jamais unilatéralement : le résident, sa famille, l’équipe soignante et le médecin coordonnateur sont tous partie prenante.
Bien choisi et bien mené, un PASA améliore l’apaisement, maintient les capacités et allège la charge mentale des aidants. C’est un outil précieux, à condition d’être vigilant sur la qualité concrète du dispositif lors de la visite de l’établissement.
Et si la vraie question n’était pas « mon proche est-il éligible au PASA ? » mais plutôt « comment lui offrir, dès aujourd’hui, une journée qui a du sens au sein de son établissement ? » C’est ce pôle d’activités et de soins adaptés en établissement pour personnes âgées dépendantes qui permet, souvent, de renouer avec une forme de quotidien. Une journée structurée, des visages familiers, des activités porteuses de sens : le PASA n’est pas une solution miracle, mais pour beaucoup de résidents et de familles, il change véritablement la donne.

Ancien directeur d’EHPAD qui a consacré 25 ans de sa carrière à l’accompagnement de personnes âgées en établissement. Fort de cette expérience terrain, il crée La Juvénie pour partager des conseils honnêtes et pratiques sur l’autonomie, les droits des seniors et le choix d’un hébergement adapté. Indépendant et sans lien commercial, il s’engage à dire les choses telles qu’elles sont.
