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Ce qu’il faut retenir
- Blocage : Un accord salarial de 64€ brut par mois, signé par patronat et syndicats, a été rejeté par l’État pour la troisième fois.
- Précarité : Dans un secteur où 40% des salaires restent sous le SMIC, ce refout est un coup dur pour le pouvoir d’achat.
- Conséquences : De mon expérience, cette situation aggrave la pénibilité et le turnover, au détriment de la qualité d’accompagnement des résidents.
Un accord historique… bloqué
Parlons-en franchement. Ce que j’ai observé sur le terrain pendant 25 ans, c’est que les négociations salariales dans le médico-social sont un parcours du combattant. Alors quand patronat et syndicats parviennent enfin à un accord – 64 euros brut par mois d’augmentation –, on croit à une avancée. Mais l’État a dit non. Pour la troisième fois en un an. Ce qu’on ne vous dit pas toujours, c’est l’effet dévastateur de ces blocages sur le moral des équipes.
La réalité des salaires en EHPAD
Dans un secteur où 40 % des salaires restent sous le SMIC, ces 64 euros représentaient bien plus qu’un simple ajustement. C’était une reconnaissance, un premier pas vers la valorisation d’un métier extrêmement pénible, tant physiquement qu’émotionnellement. Je me souviens d’aides-soignantes qui enchaînaient les doubles journées pour boucler leurs fins de mois. Refuser cette augmentation, c’est méconnaître la réalité du quotidien de celles et ceux qui lavent, nourrissent et réconfortent nos aînés.
Les conséquences humaines d’une décision administrative
De mon expérience, chaque blocage a des répercussions concrètes. Démotivation, turnover accru, difficultés de recrutement. Les équipes stables sont le pilier d’un accompagnement de qualité. Quand le personnel change sans cesse, c’est la relation de confiance avec le résident qui se brise. Cette décision, vue de mon bureau d’ancien directeur, ne tient pas compte de cet enjeu humain fondamental. On sacrifie la qualité de vie au travail et, in fine, la qualité de vie des résidents sur l’autel de considérations budgétaires court-termistes.
Un secteur au bord de la rupture
Ce troisième refus envoie un signal désastreux. Il mine les négociations futures et instille un profond sentiment d’injustice. Comment demander à des professionnels de continuer à donner le meilleur d’eux-mêmes dans ces conditions ? Ce que j’ai observé sur le terrain, c’est que la colère est palpable. Elle est légitime. Sans une revalorisation salariale significative et rapide, c’est tout le modèle de l’hébergement senior qui risque de craquer. Les familles que j’ai accompagnées méritent mieux. Les résidents que j’ai servis méritent mieux. Et les femmes et les hommes qui les soignent le méritent tout autant.

Ancien directeur d’EHPAD qui a consacré 25 ans de sa carrière à l’accompagnement de personnes âgées en établissement. Fort de cette expérience terrain, il crée La Juvénie pour partager des conseils honnêtes et pratiques sur l’autonomie, les droits des seniors et le choix d’un hébergement adapté. Indépendant et sans lien commercial, il s’engage à dire les choses telles qu’elles sont.
